explication de la prière &quot ;notre Père&quot ; (2022)


Bremicker Ernst August


Table des matières:

1 - Ce qu’est le «Notre Père» — Que faut-il en faire?

2 - Le «Notre Père» en tant que partie du discours du Seigneur de Matt. 5 à 7 (ou: sermon sur la montagne)

3 - Usage du «Notre Père»

3.1 - Ce n’est pas une prière publique

3.2 - Ce n’est pas une prière pour les non-croyants

3.3 - Ce n’est pas une prière pour le culte

3.4 - Ce n’est pas une prière formelle

3.5 - Application du «Notre Père» à nous

4 - Les demandes particulières du «Notre Père»

4.1 - Que ton nom soit sanctifié

4.2 - Que ton règne vienne

4.3 - Que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre

4.4 - Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien

4.5 - Remets-nous nos dettes comme aussi nous les remettons à nos débiteurs

4.6 - Ne nous induis pas en tentation

4.7 - Délivre-nous du mal

5 - Remarques finales


1 - Ce qu’est le «Notre Père» — Que faut-il enfaire?

Nous trouvons deux fois dansles évangiles la prière qu’on appelle le «Notre Père», ou aussi«la prière du Seigneur». En Matthieu 6:9-13 elle constitue unepartie du «sermon sur la montagne». En Luc 11:2-4 elle constitue laréponse du Seigneur à la demande de Ses disciples: «Seigneur, enseigne-nousà prier». Matthieu donne le texte intégral avec sept requêtes, tandisqu’en Luc ne figurent que cinq requêtes.

Le seul fait que cette prièresoit mentionnée en deux endroits différents souligne l’importance que luiattribue le Saint Esprit. La prière est l’expression de notre dépendance deDieu. Le Seigneur Jésus Lui-même, comme homme sur la terre, a beaucoup prié etest en cela un modèle parfait pour nous. C’est pourquoi il est bon pour nous defaire attention à ce que Dieu dit dans Sa Parole sur la prière.

(Video) 5. Le Notre Père: “ Abba, Père ”

Il n’y a guère de prière qui,dans beaucoup de milieux chrétiens ou d’églises, soit aussi souvent prononcéeque le «Notre Père». Il n’y a guère d’occasion où l’on ne récitepas cette prière — qu’il s’agisse de cultes, de baptêmes, d’enterrements, derepas à table, ou autres circonstances. Était-ce l’intention du Seigneur quandIl donna cette prière à Ses disciples? Ou bien avait-Il autre chose envue? ce sont ces questions sur lesquelles nous voulons réfléchir un peu.Nous prendrons le texte selon Matthieu puisque c’est le plus complet [le textede Luc ne comprend pas la troisième et la septième demande]:

«Vousdonc, priez ainsi: Notre Père qui es dans les cieux, que ton nom soitsanctifié; que ton règne vienne; que ta volonté soit faite, commedans le ciel, aussi sur la terre. Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nousfaut; et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nosdébiteurs; et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous dumal» (Matthieu 6:9-13).


Encore une courte remarque.Dans ce qui suit, nous utiliserons l’appellation «Notre Père», carelle me paraît convenable. L’appellation «Prière du Seigneur» meparait inappropriée, car il s’agit d’une prière du Seigneur pour la donneraux disciples. Il ne nous est pas rapporté que le Seigneur ait Lui-mêmeprié de cette manière. S’il y avait vraiment une prière qu’on pourrait désignercomme «LA prière du Seigneur» dans l’absolu, ce serait bien sûrcelle de Jean 17.


2 - Le «Notre Père» en tant que partie du discours duSeigneur de Matt. 5 à 7 (ou: sermon sur la montagne)

Quand nous voulons étudier deprès un passage de la Parole de Dieu, il est indispensable de commencer parexaminer le contexte. Un passage pris hors de son contexte amène souvent à defausses conclusions, et c’est justement le cas du «Notre Père».Nous ne pouvons saisir le sens de cette prière, et l’exposer, que comme faisantpartie du sermon sur la montagne. C’est pourquoi il est d’abord convenable dedonner quelques principes figurant dans ce discours du Seigneur de Matthieu 5 à7.

Le sermon sur la montagne nenous est donné en entier que dans l’évangile de Matthieu. Cela se comprendbien, car cet évangile est celui qui nous présente le Seigneur Jésus comme leMessie, le Roi, promis par Dieu. Il est venu sur la terre pour établir Sonroyaume, ayant le message suivant à communiquer au peuple:«Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché» (Matt.4:17).

En Matthieu 5 à 7, leSeigneur Jésus présente les principes de ce royaume à Ses disciples (ceux quivoulaient suivre Son exemple). Il s’agit d’un royaume sur la terre, mais dirigédepuis le ciel (d’où l’appellation de «royaume des cieux»). Il enest encore ainsi aujourd’hui. Cependant ces principes impliquent que le roi estrejeté. C’est justement ce qui est arrivé. Le Seigneur Jésus est retourné auciel comme le Rejeté, ce qui a été le début d’une période transitoire pendantlaquelle Son royaume est maintenant sous forme cachée (voir les «mystèresdu royaume des cieux» au ch. 13). Dans le sermon sur la montagne leSeigneur Jésus montre à Ses disciples ce qui doit caractériser ceux qui sontdans ce royaume, et qui veulent faire la volonté du Roi et reconnaître Sesdroits.

Le jour viendra où ce royaumesera établi en puissance et en gloire sur la terre, mais maintenant le royaumeexiste sous une forme cachée: il n’est pas visible aux yeux des hommes.Avec des yeux éclairés de Dieu, nous pouvons cependant voir ce royaume partoutoù des gens tiennent compte de l’autorité du Seigneur dans leur vie. De tellespersonnes sont disciples du royaume ou serviteurs du Seigneur. Les principesqui s’appliquent dans ce royaume sont le sujet du sermon sur la montagne.

Il se pose alors tout desuite la question: pour qui ces principes sont-ils valables? Pourqui le «Notre Père» est-il valable? Les points suivantsdevraient donner la réponse à ces questions:


1. Le sermon sur la montagne(y compris le «Notre Père») était adressé aux disciples duSeigneur. Il est dit expressément au début du chapitre 5 que Ses discipless’approchèrent de Lui et qu’Il les enseignait. En outre il est souventparlé de «votre Père qui est dans les cieux». Le sermon sur lamontagne n’est donc pas destiné à des non-croyants, et il n’est pas non plusune annonce de l’évangile ni un programme politique. En Matthieu 5 à 7, il nes’agit pas de savoir comment on peut entrer dans le royaume (Jean 3), nicomment on peut devenir chrétien. Les sujets de la repentance, de laconversion, de la rémission des péchés, de la justification, etc. n’y sont pastraités. Il est supposé que ceux qui écoutent sont des disciples, c’est-à-direde ceux qui marchent à la suite du Seigneur Jésus en suivant Son exemple. Lesermon sur la montagne est une instruction donnée à des disciples sur lamanière dont ils ont à se comporter. Quand aujourd’hui on interprète le sermonsur la montagne surtout comme un programme d’amélioration de la vie collectivedes gens, on passe complètement à côté du sens donné par Dieu à ce passage.


2. Dans le sermon sur lamontagne, il s’agit de principes du royaume et non pas de principes del’assemblée. Le mélange de ces deux domaines a fait beaucoup de mal. Ils’agit du royaume en rapport avec un exemple à suivre sur cette terre,et non pas en rapport avec notre appel céleste. Nous allons voir que le sermonsur la montagne a tout du long une signification pour le chrétien, mais il nefaut pas la surévaluer.

Le sermon sur la montagnen’est pas la «constitution» du christianisme, comme on l’aquelquefois appelé. Il a exclusivement à faire avec le royaume. Il s’agitd’exemple à suivre. On n’y trouve pas les sujets tels que l’assemblée, le SaintEsprit, la vie éternelle, etc. L’assemblée n’est mentionnée que plus tard danscet évangile, et l’enseignement à son sujet est développé dans les épîtres. Onle chercherait en vain dans Matthieu 5 à 7. Si aujourd’hui nous pensions avoirdans le sermon sur la montagne la norme de notre vie, nous n’aurions alors riencompris à notre position.


3. Le caractère principal dusermon sur la montagne est juif. Le Seigneur adresse ces paroles à des croyantsd’entre les Juifs. On le reconnaît à plusieurs particularités du texte. Celaressort déjà tout spécialement de l’expression maintes fois répétées«Père qui est dans les cieux». On chercherait en vain une telleexpression dans les épîtres qui développent notre position chrétienne. Dans cesépîtres, il est parlé du «Dieu et Père», ou simplement du«Père», mais jamais du «Père dans les cieux».

Même si c’était un grandprivilège pour les disciples de connaître le «Père dans les cieux»,il n’en reste pas moins que cette expression suppose une certaine distance, uncertain éloignement. Le Père est dans le ciel, et les disciples sur la terre.Certes, littéralement il en est bien ainsi pour nous. Mais quant à notreposition, nous sommes déjà placés «dans les lieux célestes», etnous avons libre accès auprès du Père (Éph. 2:18).


4. Toutefois, tirer de là laconclusion que le sermon sur la montagne a un caractère exclusivementjuif serait une erreur. Certains chrétiens sont dédaigneux vis-à-vis du sermonsur la montagne, et sont convaincus qu’il n’a rien à nous dire. Certes ilconcerne en premier lieu des disciples du peuple d’Israël, mais nous ne pouvonspas simplement évacuer la portée des instructions du Seigneur. Sans doute lavérité de l’assemblée est infiniment précieuse et importante, mais cela ne veutpas du tout dire qu’il n’y a rien d’autre qui soit important. Ne sommes-nouspas des disciples? Ne sommes-nous pas dans le royaume de Dieu? Nevoulons-nous pas, dans notre vie, nous soumettre à l’autorité duSeigneur? Le sermon sur la montagne a pour nous une portée pratique. Ilest important de connaître la vérité contenue dans les épîtres, maisvoulons-nous pour cette raison négliger les leçons pratiques que le SeigneurLui-même donne?


En conclusion:

Matthieu 5 à 7 (ce qu’onappelle le sermon sur la montagne) traite des principes à respecter pour suivrel’exemple du Seigneur dans le royaume. Ces principes sont valables:

•pour les disciplesaux jours où le Seigneur était sur cette terre, et était rejeté par son peuple(application directe),

•pour le résidu juifavant l’établissement du règne en puissance et en gloire, quand il entrera dansce règne à travers la grande tribulation et de grandes souffrances (applicationprophétique),

•pour nous, commemarchant à la suite du Seigneur sur la terre. Notre position est certescéleste, mais nous avons quand même à faire avec le royaume. C’est pourquoinous pouvons tirer des principes du royaume du profit et des applicationspratiques pour nous (application pratique).


3 - Usage du «Notre Père»

En premier lieu, il y a lieude signaler deux grands dangers en rapport avec l’application du «NotrePère». L’un d’eux consiste à grandir trop fortement son importance, et àconsidérer cette prière comme une prière formelle à répéter dans toutes lesoccasions possibles. Ce n’était pas du tout l’intention du Seigneur. L’autredanger est celui de tomber dans l’excès inverse consistant à récuser entièrementle «Notre Père» en tant que prière pour le chrétien. Une telleattitude serait également un désordre. Le «Notre Père» nous parleaussi à nous, si nous le comprenons de la bonne manière. Nous voulons essayerde discerner la pensée de Dieu.


3.1 - Ce n’est pas une prière publique

Le point de départ desenseignements du Seigneur au sujet du «Notre Père» en Matt. 6, estune instruction générale en rapport avec la prière publique. Le Seigneur Jésusmet en garde contre les gens qui prient publiquement ou dans les rues, et ne lefont que pour être vus des autres. De tels gens sont qualifiésd’hypocrites; leurs prières ne sont pas agréables à Dieu. Le SeigneurJésus invite alors Ses disciples à mener une vie de prière personnelle, et leurdit: «Mais toi, quand tupries, entre dans ta chambre, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui[demeure] dans le secret; et ton Père qui voit dans le secret, terécompensera» (Matt. 6:6). Les prières publiques comportent aussiaujourd’hui le danger de ne pas s’adresser en premier lieu à Dieu, mais devantles hommes. C’est pourquoi, quand nous prions en public, nous devons toujoursêtre aussi courts que possible, et de ne pas transformer la prière en moyen defaire un exposé.

Nousarrivons maintenant au premier point. Le «Notre Père» est largementpratiqué comme prière publique en commun. Or le Seigneur introduit expréssémentson instruction par les paroles suivantes: «entre dans ta chambre,et ayant fermé ta porte, prie». Le «Notre Père» n’a jamaisété prévu pour un usage général et public. Cela ressort clairement du contexte.Certes la prière est formulée à la première personne du pluriel(«nous»), mais l’explication en est simple: celui qui prie sevoit rattaché en prière à d’autres qui nomment également Dieu comme «leurPère qui est dans les cieux». C’est pourquoi Il dit: «NotrePère…».

(Video) Believe in The Lord Jesus - Part 3 - The Normal Christian Birth

Retenonsdonc solidement que le «Notre Père» n’est nullement une prièrepublique et générale, mais une prière personnelle.


3.2 - Ce n’est pas une prière pour les non-croyants

Ledeuxième point est que le «Notre Père» n’est pas prévu pour lesnon-croyants. Le Seigneur Jésus s’adresse ici à des disciples. Comment unnon-croyant pourrait-il dire: «Notre Père qui es dans lescieux»? C’est impossible. Un non-croyant n’a rien à faire aveccette prière. S’il veut entrer en relation avec Dieu, il ne peut que se tournervers Lui avec les paroles de repentance du publicain: «Ô Dieu, soisapaisé envers moi, pécheur!» (Luc 18:13). C’est une prière que Dieu entendet entendra. Combien il est tragique que des hommes puissent penser êtreagréables à Dieu en répétant suffisamment souvent la prière du «NotrePère»! Cela n’a jamais été le sens de cette prière.

Retenonsdonc solidement que le «Notre Père» est destiné à des croyants etn’est pas pour des non-croyants.


3.3 - Ce n’est pas une prière pour le culte

Untroisième point est souvent méconnu. Le «Notre Père» n’estnullement l’expression d’une adoration commune. Il n’est absolument pasquestion d’adoration dans cette prière, ni en commun, ni personnelle. Dans biendes traductions de la Bible (Texte Reçu, King James, Osterwald, etc.), on trouve en fin du «Notre Père» (Matt. 6:13) un ajout qui semble contredire cela. Il s’agit d’une doxologie (expression de louange): «car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour l’éternité. Amen». Cependant les recherches sur le texte biblique ont prouvé de manière incontestable qu’il s’agit d’un ajout tardif introduit par des copistes pour une raison quelconque. Les manuscrits les plus anciens n’ont pas cet ajout (bien des traductions ne retiennent pas ces paroles: Darby, TOB, Crampon, Carrez; Segond, Semeur, Thompson, Français courant retiennent ces paroles, mais avec indication de texte douteux). Il ne convient pas nonplus à cette prière du point de vue de la structure d’ensemble. Non, dans le«Notre Père», il ne s’agit pas d’adoration. Il s’agit de quelqu’unqui a à cœur les intérêts de Dieu et qui vient à son Père céleste avec sesdifficultés.

Retenonsdonc solidement que le «Notre Père» n’est pas donné pour adorerDieu, mais pour Lui demander quelque chose.


3.4 - Ce n’est pas une prière formelle

Unquatrième point est de savoir si c’était, ou non, l’intention du Seigneur Jésusde communiquer le «Notre Père» comme une prière formelle à répétermot à mot en certaines occasions. Les arguments suivants vont à l’encontre decette idée:


1.Immédiatement avant, le Seigneur Jésus met en garde contre les vaines redites,comme les païens en faisaient. Il dit: «Et quand vous priez, n’usezpas de vaines redites, comme ceux des nations, car ils s’imaginent qu’ilsseront exaucés en parlant beaucoup. Ne leur ressemblez donc pas» (Matt.6:7-8). C’était un usage païen de répéter toujours les mêmes mots, avec l’idéeque les dieux finiraient par les entendre. Naturellement il est tout à faitconvenable d’apporter dans la prière régulièrement les mêmes préoccupations. Maisil est crucial de le faire de manière consciente, et non pas simplement parhabitude. Or n’arrive-t-il pas souvent, dans des occasions de prières en communoù l’on prononce le «Notre Père», qu’on a l’impression qu’on priesans vraiment penser à ce qu’on demande?


2.Cette prière est aussi mentionnée en Luc 11. Une comparaison précise des deuxtextes montre cependant quelques différences. En Matthieu il y a sept demandes,alors qu’il n’y en a que cinq en Luc (elles sont en accord avec le caractèreparticulier à cet évangile). Si l’intention de Dieu avait été de nous donnerune prière formelle, les deux textes auraient évidemment dû être identiques.Comme ce n’est pas le cas, il devrait nécessairement se soulever la question desavoir laquelle de ces deux prières est à répéter.


3. Lesaut du v. 13 au v. 14 est assez remarquable. De fait, la prière du«Notre Père» n’a pas de véritable fin, mais au v. 13 on trouve lasixième et la septième demande, à la suite de quoi le v. 14 vient donner uneexplication en rapport avec la cinquième demande (il est possible que ce soitlà la raison ayant conduit à compléter par l’ajout mentionné ci-dessus). Un telsaut n’est évidemment pas approprié à une prière formelle.


4. Unlecteur du Nouveau Testament chercherait en vain une allusion au «NotrePère» dans les Actes ou dans les épîtres. Si le Seigneur avait vouluqu’encore aujourd’hui nous ayons à prier le «Notre Père» tel quel(sans modification), on se serait naturellement attendu à quelque allusion ouinvitation à prier de cette manière. C’est ainsi que l’invitation à célébrer lerepas du souvenir en mémoire de Sa mort est répétée dans les épîtres, et lesActes montrent comment les premiers chrétiens l’ont pratiqué. Dans le cas du«Notre Père», il n’y a aucune allusion ultérieure.


5. Enoutre, une prière formulée d’avance empêcherait l’activité du Saint Esprit ennous. Les disciples auxquels s’adresse le Seigneur Jésus ne possédaient pasencore le Saint Esprit. Mais nous, nous Le possédons, et Il est celui qui nousconduit dans nos prières (Rom. 8:26). Il n’est pas nécessaire aujourd’hui denous instruire de la même manière que les disciples l’ont été alors (et que lerésidu juif des jours à venir en aura besoin) parce que nous possédons le SaintEsprit qui habite en nous. Il est Celui qui nous conduit dans la prière.


Pources raisons, nous retenons solidement ce quatrième point, à savoir que le«Notre Père» n’a pas été conçu comme une prière formelle pour nous.


3.5 - Application du «Notre Père» à nous

Après avoir établi en quatrepoints ce que le «Notre Père» n’est pas, il se pose laquestion de savoir quel était le but du Seigneur en nous donnant cette prière.Comment devons-nous nous servir du «Notre Père» en tant quechrétien? Qu’a-t-il à nous dire?

Retenons d’abord bien que laprière d’un croyant doit toujours être en harmonie avec la connaissance qu’Il ade Dieu, et avec le champ de vérité qui lui a été révélée. C’était déjà le casdans l’Ancien Testament. Les croyants de ce temps-là s’adressaient à Dieu selonqu’ils Le connaissaient. Ici en Matth. 6, les disciples pouvaient déjàs’adresser au Père, parce que le Seigneur Jésus Le leur avait révélé.Cependant, avant la résurrection du Seigneur Jésus, les disciples n’avaient pasencore une relation connue d’enfants vis-à-vis de Dieu. La vérité chrétienne neleur était pas encore connue, ni non plus la position dans laquelle nous sommesaujourd’hui. Les disciples ne possédaient pas encore le Saint Esprit habitanten eux, pour influencer leur vie de prière dans ce sens. L’influence du SaintEsprit sur notre vie de prière est-elle réellement si grande? Le SeigneurJésus Lui-même nous le montre clairement. Il en parle en Jean 16 avec Sesdisciples. Il leur parle d’abord de la venue de l’Esprit de vérité, puis Illeur dit: «Jusqu’à présentvous n’avez rien demandé en mon nom; demandez, et vous recevrez, afin quevotre joie soit accomplie… En ce jour-là, vous demanderez en mon nom, et je nevous dis pas que moi je ferai des demandes au Père pour vous; car le Pèrelui-même vous aime» (Jean 16:24, 26, 27). Auparavant les disciplesn’avaient pas prié au nom du Seigneur Jésus (c’est-à-dire en plein accord avecla volonté du Seigneur). Mais maintenant, après la venue du Saint Esprit, ilspouvaient prier d’une manière entièrement nouvelle, parce que le Saint Espritles conduisait à prier au nom du Seigneur.

Pourles disciples à ce moment-là, le «Notre Père» était une expressiondu cœur correspondant tout à fait à leur relation avec Dieu, car ils Leconnaissaient comme leur «Père qui est dans les cieux». Quant ànous, nous prions Dieu, notre Père, dans la conscience que nous pouvons dire«Abba, Père». Or qui est celui qui nous conduit à faire cela?c’est le Saint Esprit, comme nous le lisons en Rom. 8:15,16: «Carvous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être de nouveau dans lacrainte, mais vous avez reçu [l’]Esprit d’adoption, par lequel nouscrions: Abba, Père! L’Esprit lui-même rend témoignage avec notreesprit, que nous sommes enfants de Dieu». Notre relation avec Dieu estdonc double: nous sommes d’abord fils, et deuxièmement enfants de Dieu.En conséquence nos prières devraient être à un niveau supérieur à celui exprimédans le «Notre Père». Mais cela implique que nous jouissions pratiquementde la position qui nous a été accordée.

Encontraste avec les Juifs d’alors et des jours à venir, nous avons le privilègede prier au nom du Seigneur et par le Saint Esprit. C’est pourquoi Jude, dansson épître, invite ceux auxquels il s’adresse en disant: «vous,bien-aimés… priant par le Saint Esprit» (Jude 20). Paul écrit auxÉphésiens (6:18): «priant par toutes sortes de prières et desupplications, en tout temps, par l’Esprit». Le «Notre Père»n’est pas du tout une prière par le Saint Esprit, ni au nom du Seigneur.

Ilserait cependant dangereux, à partir de ces faits, de tirer la conclusion quele «Notre Père» serait de peu de valeur ou imparfait. Au contraire,c’est une prière parfaite: comment pourrait-il en être autrement puisquec’est le Seigneur Jésus Lui-même qui l’a enseignée à Ses disciples?Comment oserions-nous en avoir une piètre opinion? Mais le «NotrePère» ne correspond pas à notre position, parce qu’il n’est pas encorefondé sur l’œuvre accomplie à la croix. Nos prières peuvent avoir un autrecontenu, parce qu’en tant que pécheurs rachetés, nous savons maintenant quenotre salut repose en assurance sur l’œuvre de Golgotha accomplie une fois pourtoutes. Nous prions maintenant selon la position dans laquelle nous avons étéplacés.

Celavoudrait-il dire que, maintenant, nous ne pouvons pas du tout prier le«Notre Père»? Cette conclusion serait aussi prématurée. Mêmesi cette prière est valable pour les Juifs dans sa portée propre, elle necomporte cependant pas de sujets de prière avec lesquels, comme chrétiens, nousne pouvons pas nous identifier. Encore une fois: notre horizon est plusvaste, nos préoccupations faisant l’objet de prières englobent infiniment plusque ce qui est exprimé dans le «Notre Père»; et pourtantcette prière contient bien des choses qui nous sont tout à fait applicables.Cette prière, comme tout le reste du sermon sur la montagne, nous donne desindications importantes pour notre vie de disciples, et elles sont à prendre àcœur.

Résumonsces points: Dans sa portée propre, le «Notre Père» estvalable pour des Juifs croyants, qui ont reconnu le Seigneur Jésus comme leurMessie, et qui veulent suivre Son exemple. Ils ne connaissent pas les conseilsde Dieu à l’égard de Son assemblée, ils ne possèdent pas le Saint Esprit, et nepeuvent pas considérer l’œuvre de rédemption comme étant accomplie. Ce sontpour de tels gens que vaut la Parole du Seigneur: «vous doncpriez…». Dans leur portée directe, cette parole vaut pour les disciplesd’alors, mais elle sera aussi pertinente pour le résidu Juif des jours à venir.Nous chrétiens, nous avons des choses plus élevées, pour lesquelles nouspouvons prier et faire monter des louanges. Mais d’un autre côté cette prièrecontient beaucoup d’indications importantes que nous pouvons et voulons nousappliquer en pratique. Nous n’avons pas à craindre de faire nôtres les demandesdu «Notre Père». Pour cela nous devons néanmoins laisser le champlibre au Saint Esprit qui habite en nous. Une répétition directe et littéraledu texte ne serait pas en accord avec la position qui est devenue la nôtre dansle Seigneur Jésus.


4 - Les demandes particulières du «Notre Père»

Le«Notre Père» contient en tout sept demandes:

•que ton nom soit sanctifié,

•que ton règne vienne,

(Video) Priez et soyez seul avec Dieu - Paul Washer

•que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre,

•donne-nous notre pain quotidien,

•remets nous nos dettes [ou: pardonne-nous nos fautes],

•ne nous induis pas en tentation,

•délivre-nous du mal.


Cessept demandes peuvent être réparties en deux groupes. Les trois premières ont àfaire avec Dieu et Son honneur; les quatre dernières concernent lesbesoins de celui qui prie. Cela suffit déjà à parler à nos cœurs. Il y a unprincipe valable d’une manière tout à fait générale pour nos vies de chrétiens:«Recherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice» (Matt.6:33). Les intérêts et les droits de Dieu doivent prendre la première placedans notre vie. S’il en est ainsi, cela se reflétera dans notre vie de prière.Essayons donc un peu! Par quoi commencer nos prières? Nemettons-nous pas souvent nos besoins et nos prières au premier plan? Biensûr, nous pouvons et devons dire à Dieu tout ce qui pèse sur nos cœurs;c’est ce qu’Il attend. Mais nous ne devons jamais oublier que la première placeappartient à notre Dieu et à Ses affaires — y compris dans nos prières.

Enregardant maintenant d’un peu plus près les demandes particulières du«Notre Père», nous nous demanderons d’abord quelle est la portée dechacune des demandes pour le résidu croyant des jours à venir (a), puis nousverrons quel profit pratique en tirer pour nous (b).


4.1 - Que ton nom soit sanctifié

a) En règle générale dans laBible, le nom tient la place de la personne qui a ce nom. Ici, il s’agit doncque Dieu Lui-même soit sanctifié. Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu adressaitcette invitation à Son peuple par le moyen du prophète Ésaïe (8:13): «L’Éternel des armées, lui,sanctifiez-le». Cette exhortation était donnée tellement le nom del’Éternel était déshonoré par le peuple. Dieu a dû s’en plaindre à plusieursreprises par le moyen du prophète Ézéchiel (36:19-23). C’est pourquoi cettedemande sera sur les cœurs du résidu avant l’établissement du règne sur cetteterre, quand les Juifs fidèles reconnaîtront la culpabilité dont le peuples’est chargé. La sanctification du nom de Dieu est la condition préalable à labénédiction du Messie qui se rattache au règne qui vient.

b) La Parole de Dieu parledans plusieurs passages de la sainteté des croyants. Paul écrit auxThessaloniciens (4:3): «car c’est ici la volonté de Dieu, votresainteté». Dieu ne veut pas que Son nom se rattache à l’impureté ou aupéché; c’est la raison pour laquelle Il nous invite à la sainteté. Nousavons cependant à faire attention au fait que cette sainteté a deux côtés, l’unde position, l’autre pratique.

La sainteté est d’abord uneposition dans laquelle Dieu nous a placés, quand nous sommes venus au SeigneurJésus. Nous sommes sanctifiés par la volonté de Dieu (Héb. 10:10).Deuxièmement, la sainteté est un état pratique. Dieu voudrait que, dans notrevie, nous correspondions à ce que nous sommes quant à notre position. C’est cedont parle Pierre: «Commecelui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute [votre]conduite; parce qu’il est écrit: ‘Soyez saints, car moi je suissaint’» (1 Pierre 1:16).

C’estde la sainteté pratique qu’il s’agit ici dans le «Notre Père».N’avons-nous pas tous ressentis combien cette requête nous convient:«que ton nom soit sanctifié»? Combien il y a de choses dansnos vies qui ne sont pas en accord avec la sainteté de Dieu! Une vie àl’honneur de Dieu ne peut qu’être une vie de séparation de tout mal. L’honneurde Dieu ne devrait-il pas avoir la première place dans nos vies? C’estpourquoi il est bon de prier chaque jour pour que nous ayons cette saintetépratique. Satan s’efforcera de nous tirer vers des relations qui ne sont passaintes. C’est pourquoi la demande d’une sainteté pratique nous est tellementnécessaire.


4.2 - Que ton règne vienne

a) Le royaume de Dieu établien puissance et en gloire sur cette terre était la grande espérance des Juifs.Ce royaume était prédit dans l’Ancien Testament, et beaucoup de prophéties enparlent. Pour les Juifs, ce royaume signifiera la délivrance finale de leurs ennemiset de la domination étrangère. C’est pourquoi Pierre parle en Actes 3:19 des«temps de rafraîchissement» qui viendraient de devant la face duSeigneur. Pierre montre cependant clairement que ce royaume ne peut venir quepar la repentance préalable de ceux qui veulent entrer dans le règne.

C’est justement là querésidait alors l’obstacle à l’établissement du règne. Le peuple dans sonensemble ne voulait pas se repentir; au contraire ils ont rejeté le roi.Le désir d’un royaume de Dieu a cependant subsisté. Le résidu croyant des joursà venir, qui sera dans une grande détresse et dans la persécution, aura ledésir ardent du royaume de Dieu, et sera alors également prêt à se repentir.Son grand désir sera bien «que ton règne vienne».

b) Pouvons-nous, commechrétiens, demander: «que ton règne vienne»? Ce royaumen’est-il pas venu déjà depuis longtemps? ne sommes-nous pas dans leroyaume de Dieu? bien sûr — mais nous sommes dans la phase du royaume oùle roi est rejeté et où le royaume a pris une forme cachée. Le temps où leroyaume sera public et visible en gloire, est encore futur pour nous. Nouspouvons attendre ce moment-là comme aussi notre Seigneur l’attend.

Maintenant Satan domineencore comme chef de ce monde. L’honneur de notre Seigneur est foulé aux pieds.Dans ce monde, on dit toujours plus: «nous ne voulons pas quecelui-ci règne sur nous». Cela nous laisse-t-il indifférent? Pas dutout; nous nous réjouissons du moment où Il ne sera plus le Rejeté, et oùSes droits seront reconnus sur la terre, et où Il régnera en justice.

Naturellement notre espérancechrétienne dépasse cette attente du royaume. Nous n’attendons pas en premier leRoi qui vient régner, mais nous attendons l’époux qui vient chercher sonépouse. Nous nous réjouissons des noces de l’Agneau et de la maison du Père oùnous serons unis avec Lui pendant toute l’éternité. C’est pourquoi notre prièren’est pas en premier lieu «que ton règne vienne», mais«viens, Seigneur Jésus». C’est l’Esprit Lui-même qui réveille ennous ce désir et ce cri d’appel (Apoc. 22:18, 20). Mais cela ne veut pas direque nous n’aurons aucune part au royaume futur, bien au contraire. Certes nousn’entrerons pas dans ce royaume comme des sujets ou des frères du roi, comme cesera le cas pour les gens des nations ou les Juifs qui auront traversé lagrande tribulation, mais nous aurons tout à fait une place dans ce royaume.Pierre en parle ainsi: «Carainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur JésusChrist vous sera richement donnée» (2 Pierre 1:11). Paul également enparle quand il dit: «Le Seigneur… me conservera pour son royaumecéleste» (2 Tim. 4:18).

Le royaume futur aura un côtéterrestre et un côté céleste. Notre part, comme celle des croyants de l’AncienTestament, sera le côté céleste, que Pierre qualifie de «royaumeéternel» et Paul de «royaume céleste» (à ne pas confondreavec la maison du Père). Le Seigneur Jésus en parle également sousl’appellation de «royaume du Père» (Matt. 13:43). Le «royaumedu Fils de l’Homme» est la partie terrestre, tandis que le «royaumedu Père» est la partie céleste. Nous avons à nous réjouir de cela, cardepuis le ciel nous régnerons avec Christ. C’est pourquoi nous voulons être deceux qui «aiment son apparition» (2 Tim. 4:8).


4.3 - Que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur laterre

a) La grande différence entrele ciel et la terre consiste en ce que, dans le ciel, la volonté de Dieu estfaite, tandis que sur la terre c’est loin d’être le cas. Tout Juif pieux devaitreconnaître que le peuple, dans son ensemble, s’était largement éloigné decontribuer à ce que la volonté de Dieu devienne une réalité. Ce qui était aupremier plan était la propre volonté et non pas la volonté de Dieu. Sataninfluence aujourd’hui la volonté des hommes, et son action a toujours pour butd’aller à l’encontre de la volonté de Dieu. Et que sera-ce, quand un jour Satansera chassé du ciel sur la terre et manipulera encore plus directement lavolonté des hommes! (Apoc. 12:9).

Combien grande sera lasouffrance du résidu placé dans ces conditions, de ce que la volonté de Dieu necomptera pour rien sur cette terre. Alors ils prieront en disant:«que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur laterre». Or cette demande sera entendue. Le jour vient où la terre serapleine de la connaissance de l’Éternel (És. 11:9). Cependant la condition pourque cela ait lieu, est que Dieu conclue une nouvelle alliance avec Son peuple.Alors Il mettra Sa loi dans leurs cœurs et l’écrira sur leurs entendements(Héb. 10:16). C’est de cette manière seulement qu’il sera possible que lepeuple finisse par demander la volonté de Dieu et la fasse.

b) Comme chrétiens, noussouffrons de ce que si peu de gens s’intéressent à la volonté de Dieu. Même lesenfants de Dieu font et font faire ce qui leur semble bon, sans demander ce queDieu en dit. Certes nous ne sommes pas appelés à améliorer le monde, mais quandil s’agit de nos propres vies ou de la vie d’autres enfants de Dieu, nouspouvons bien demander: «que ta volonté soit faite». Une foisque le règne en puissance et en gloire sera fondé, la volonté de Dieu sur cetteterre sera faite. Mais dans nos vies, il devrait déjà en être ainsiaujourd’hui.

Nous reconnaissons que nousvivons dans un temps comparable à celui des Juges. La caractéristique de cetemps-là était que «chacun faisait ce qui était bon à ses yeux».Que faisons-nous? Demandons-nous consciemment la volonté de Dieu pournotre vie? Sommes-nous prêts à obéir à la volonté de Dieu? Noussommes pourtant appelés «à l’obéissance de Jésus Christ» (1 Pierre1:2). Nous sommes capables de faire la volonté de Dieu et de Lui obéir, commele Seigneur Jésus l’a fait comme homme sur la terre. Dieu nous montre Savolonté dans Sa Parole: à nous d’apprendre à connaître cette volonté etde la faire par Sa grâce. Le Seigneur Jésus est notre modèle parfait, duquelnous avons à apprendre. Il a dit: «C’estmes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est audedans de mes entrailles» (Psaume 40:8).


4.4 - Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien

a) Cette demande montera ducœur du résidu croyant vers Dieu quand il sera dans la grande tribulation.Selon Apoc. 13:16-17, le temps viendra où il ne sera plus possible d’acheter nide vendre sans avoir la marque de la bête sur la main ou sur le front. Pour lerésidu qui refusera l’antichrist, ce sera une grosse épreuve. Qui lesnourrira? Dieu ne les oubliera pas. En Apoc. 12 nous lisons par deux foisque Dieu Lui-même nourrira le résidu qui se sera enfui du pays (Apoc. 12:6,14).Comme Élie autrefois qui recevait chaque jour sa nourriture de la part de Dieu,ainsi le résidu s’attendra à Dieu jour après jour. Comprenons-nous maintenantla raison pour laquelle ils prieront en disant: «donne-nousaujourd’hui notre pain quotidien».

(Video) 162 - CIÊNCIA MUTILADA (MULTIPLES LANGUAGES)

b) Nous qui vivons plus oumoins dans l’aisance, pouvons-nous nous appliquer cette prière pour debon? En ce qui concerne le pain quotidien, très rares sont ceux d’entrenous qui sont dans le besoin. Et pourtant n’y a-t-il pas une multitude d’autresbesoins pour lesquels nous avons à faire preuve de dépendance vis-à-vis deDieu? À l’égard de tout, y compris ce qu’on dit petit et ce qui va de soidans la vie quotidienne, nous sommes entièrement à la merci de notre Dieu.Agur, l’homme de Dieu de l’Ancien Testament, l’avait déjà bien saisi, quidisait: «Ne me donne nipauvreté ni richesse; nourris-moi du pain qui m’est nécessaire, de peurque je ne sois rassasié, et que je ne te renie et ne dise: Qui estl’Éternel? et de peur que je ne sois appauvri, et que je ne dérobe, etque je ne parjure le nom de mon Dieu» (Prov. 30:8-9).

Nos besoins journalierspeuvent être très différents, mais Dieu veut nous donner chaque jour de notrevie ce dont nous avons besoin, et Sa promesse est encore valable aujourd’hui.Nous nous emparons souvent des choses à l’avance, et nous voudrions avoir déjàaujourd’hui ce dont nous aurons besoin demain. Or ce n’est pas la manière denotre Dieu. Il voudrait que nous apprenions à nous confier en Lui«aujourd’hui». Nous n’avons pas à demander le pain de demain, mais«donne-nous aujourd’huinotre pain quotidien».

Dieu sait ce dont nous avonsbesoin, et Il aime nous le donner. Nous avons à apprendre, non pas à construiresur nos propres forces, mais à regarder à Lui et à tout attendre de Lui. LeSeigneur Jésus Lui-même disait à Ses disciples: «Ne soyez pas en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez et dece que vous boirez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus: la vien’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?…Qui d’entre vous, par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sataille?… Ne soyez donc pas en souci» (Matt. 6:25-31).


4.5 - Remets-nous nos dettes comme aussi nous les remettons à nosdébiteurs

[ou: «pardonne-nous nos fautes, comme aussi nous pardonnons à ceuxqui nous ont offensés». Pardon = rémission].

a) Pour un Juif, il étaitclair qu’Un seul, Dieu, pouvait pardonner les péchés (voir Marc 2:7). Parcontre, à l’inverse de nous, ils ne savaient pas que le pardon (= rémission)des péchés ne peut avoir lieu que sur la base de l’œuvre du Fils de Dieu à lacroix. Ici il ne s’agit pas de ce qu’un pécheur vient à Dieu avec saculpabilité pour recevoir le pardon (= rémission), mais il s’agit de disciplesqui demandent le pardon (= rémission). Les Juifs croyants étaient certes nés denouveau, mais ils n’avaient aucune conscience d’un pardon (= rémission) completdes péchés comme nous le connaissons. C’est pourquoi ils demandaient le pardonpour eux-mêmes, mais ils devaient en même temps être prêts à pardonner auxautres. Ce principe ressort aussi d’autres passages: «Et quand vous ferez votre prière, sivous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, afin que votre Pèreaussi, qui est dans les cieux, vous pardonne vos fautes. Mais si vous nepardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne pardonnera pas non plus vosfautes» (Marc 11:25-26).

Pensonsun peu à ce que sera un jour la situation du résidu juif qui reconnaîtra sa grandeculpabilité, et entendra alors la Parole de Dieu: «Parlez au cœurde Jérusalem, et criez-lui que son temps de détresse est accompli, que soniniquité est acquittée» (Ésaïe 40:2). Alors les Israélites croyants,objets de la grâce de Dieu qui pardonne, auront appris eux-mêmes à exercer lagrâce, aussi bien à l’égard des nations environnantes qu’envers leurs proprescompatriotes.

b) Peut-être est-ce lademande que nous avons le plus de peine à nous appliquer. Nous connaissonsl’œuvre du Seigneur Jésus à la croix, et nous avons le droit de nous reposer ensécurité sur cette œuvre. Nous savons que nos péchés sont pardonnés (= remis),et qu’en ce qui concerne notre position devant Dieu, nous n’avons «plusaucune conscience de péché» (Héb. 10:2). Nous connaissons que Dieuaccepte de nous pardonner nos péchés et de nous purifier de toute iniquité, lacondition pour cela étant que nous confessions nos péchés devant Lui (1 Jean1:9).

Mais il ne s’agit pas ici dela situation du pécheur par rapport à Dieu, mais du péché dans la vie ducroyant. Nous savons tous malheureusement que ceci recommence toujours ànouveau. Notre position comme enfants de Dieu n’est pas touchée par cela, carcelui qui est né de Dieu ne peut pas cesser d’être enfant de Dieu. Mais ce quecela influence beaucoup, c’est la joie de notre communion avec Dieu.

La communion est quelquechose de tout à fait précieux, mais qui est très facile à perturber. Chaquepéché dans notre vie de chrétien s’interpose entre Dieu et nous. C’est pourquoiil est toujours à nouveau nécessaire de confesser à Dieu ce qui s’est passé,afin que la jouissance de la communion puisse être rétablie. Nous ne prions pasdirectement pour avoir le pardon (= rémission), mais nous confessons nospéchés, afin qu’ils nous soient pardonnés (= remis). Mais commentpourrions-nous compter que Dieu nous pardonne nos péchés, si nous-mêmesn’avions aucun sentiment de pardon vis-à-vis de nos frères?

Encore un point: il nes’agit pas de pardon (= rémission) en rapport avec l’éternité, mais de pardon(= rémission) en rapport avec le gouvernement de Dieu. Si nous ne voulonspas pardonner, alors Dieu, en ce qui concerne notre vie pratique, ne pardonnerapas non plus. La conséquence en sera que nous ne pourrons plus jouir de lacommunion avec le Père, et que nous irons notre chemin sans joie.

Le Seigneur nous montreclairement l’importance d’avoir ce sentiment de pardon vis-à-vis de nos frèresdans les versets qui suivent le «Notre Père». Il y est dit: «Car si vous pardonnez aux hommes leursfautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous; mais si vous nepardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plusvos fautes» (Matt. 6:14-15). En Matt. 18:21-35, cela est explicité dansun exemple. Le Seigneur parle d’un esclave à qui une grosse dette avait étéremise, mais qui n’était lui-même pas prêt à remettre une petite dette à l’unde ceux qui était esclave avec lui. Que doit dire le roi? «Méchantesclave, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’en as supplié;n’aurais-tu pas dû aussi avoir pitié de celui qui est esclave avec toi, commemoi aussi j’ai eu pitié de toi?» (Matt. 18:32-33). Si nous pensonsà la grande dette qui nous a été remise, ne devrions-nous pas aussi être prêts àpardonner à notre prochain?

Pour nous chrétiens, il y aen outre un motif beaucoup plus profond de pardonner que pour un Juif. Paulécrit aux Éphésiens qu’ils doivent se pardonner l’un l’autre «comme aussiDieu en Christ vous a pardonné» (Éph. 4:32). N’est-ce pas un motifsuffisant pour nous pardonner l’un l’autre?


4.6 - Ne nous induis pas en tentation

a) Cette demande montera ducœur du résidu croyant vers Dieu quand il passera par la grande tribulation.Dans la lettre à Philadelphie, le Seigneur Jésus parle de «l’heure del’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière» (Apoc. 3:10).Le résidu traversera cette épreuve et ce sera un temps de tribulation sanspareil justement pour les Juifs croyants, «une tribulation telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencementdu monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais» (Matt. 24:21).En outre, il arrivera qu’«il s’élèvera de faux christs et de fauxprophètes… de manière à séduire, si possible, même les élus» (Matt.24:24). En ce temps de danger extrême, le résidu demandera: «Nenous induis pas en tentation».

b) Le Nouveau Testament nousenseigne qu’il y a deux sortes de tentations qui peuvent nous atteindre. Lesunes viennent de la chair, en ce que Satan essaie de nous détourner vers lepéché. Jacques écrit à ce sujet: «Quenul, quand il est tenté, ne dise: Je suis tenté par Dieu; - carDieu ne peut être tenté par le mal, et lui ne tente personne» (Jacq.1:13). Ce n’est pas de cette sorte de tentation qu’il s’agit ici, car il estexclut que Dieu nous tente pour nous amener au péché ou au mal. Quand Dieu noustente, la tentation a toujours le caractère de mise à l’épreuve ou de test.Dieu teste notre foi, comme Il l’a fait avec Abraham, quand il dut offrir sonfils en sacrifice.

Dieuse sert de divers moyens pour nous tester. Le souci, la souffrance, la maladie,le besoin, la persécution, les difficultés à l’école ou dans la professionpeuvent devenir, dans la main de Dieu, une mise à l’épreuve de notre foi.Comment faisons-nous face à de telles épreuves? Pensons-nous pouvoir lessurmonter par nos propres forces? Non, il nous faut avoir une profondeconscience de notre faiblesse et de notre incapacité à tenir bon dans une miseà l’épreuve de la part de Dieu. C’est pourquoi il est tout à fait compréhensiblequ’on prie en disant: «ne nous induis pas en tentation».Certes Jacques écrit aussi: «Estimez-le comme une parfaite joie,mes frères, quand vous serez en butte à diverses tentations» (Jacq. 1:2),et Paul dit: «Nous nous glorifions aussi dans les tribulations,sachant que la tribulation produit la patience» (Rom. 5:3). Mais mêmequand nous arrivons à un tel niveau de foi, nous ne devrions pas nous confieren nous-mêmes ou en notre expérience, mais bien plutôt ressentir notre faiblesse.Si nous avons un peu appris à nous connaître nous-mêmes, nous savons que lesépreuves venant de Dieu sont nécessaires, et alors nous continuons à prier endisant: «ne nous induis pas en tentation», et nous demandonsde l’aide et de la fermeté dans l’épreuve.


4.7 - Délivre-nous du mal

a) Le résidu croyant seratout particulièrement l’objet des attaques du mal. L’antichrist persécutera lesJuifs fidèles, et Satan lui-même se tournera directement contre eux. Quand ilsera chassé du ciel pour exercer directement sa puissance sur la terre, il semettra immédiatement à persécuter le résidu. C’est ainsi que nous lisons dansl’Apocalypse (12:13): «Etquand le dragon (le diable) vit qu’il avait été précipité sur la terre, ilpersécuta la femme (le résidu) qui avait enfanté le [fils] mâle» (Apoc.12:13).

Onvoit dès lors combien la dernière demande du «Notre Père» estappropriée pour le résidu croyant des jours à venir: «Délivre-nousdu mal». Cescroyants n’auront pas le Saint Esprit habitant en eux comme nous, les chrétiens.Cependant cette demande sera tout particulièrement nécessaire pour avoir de laforce en face de Satan qui les attaquera.

b) Le texte grec laisseouverte la question de savoir s’il faut lire «délivre-nous du mal»ou «délivre-nous du malin». Les deux donnent un sens valable, caril est nécessaire d’être protégé contre tous les deux. Dieu seul peut nousprotéger du mal aussi bien que de Satan qui s’efforce constamment de nousdétourner par ses ruses du chemin où l’on suit le Seigneur.

Le mal remplit l’atmosphèrequi nous entoure. C’est pourquoi comme enfants de Dieu, nous sommes en dangerd’être contaminés, ce qui nous souille. Nous sommes tellement habitués à biendes choses, que notre conscience ne réagit même plus. Nous adoptons peut-êtreinconsciemment des manières de penser et de se conduire de nos concitoyens, nenous rendant même plus compte combien elles vont à l’encontre des pensées deDieu. C’est pourquoi la demande journalière «délivre-nous du mal»est tellement nécessaire.

Satan lui-même s’efforcetoujours de causer du tort. Certes il n’a plus de pouvoir direct sur nous, maisnous sommes malgré tout l’objet de ses ruses. Dans un tout autre contexte,l’apôtre parle de ces ruses du diable, et il nous rappelle que nous ne pouvonslui résister que par la force du Seigneur (Éph 6:10-11). Le Seigneur Lui-mêmene sous-estime pas l’activité de Satan contre nous. C’est pourquoi il priaitSon Père en disant: «je te demande… que tu les garde du mal»(Jean 17:15). Satan nous attaque au niveau de l’esprit, de l’âme et du corps.Il connaît nos points faibles bien mieux que nous. Sa tactique est d’attaquerde plusieurs côtés à la fois. Seuls, nous ne pouvons pas nous protéger de lui.C’est pourquoi nous avons à nous tourner en toute confiance vers notre Père, età Lui demander: «délivre-nous du mal».


5 - Remarques finales

La prière que le Seigneur aenseignée à Ses disciples est divine, parfaite et bonne. Elle est un témoignageclair d’une relation vivante avec le Père dans le ciel, auquel nous pouvonsnous confier en toutes choses. Il est vrai que cette prière n’est pasl’expression de notre position chrétienne d’enfants de Dieu. Cette position,telle que nous la trouvons dans les épîtres du Nouveau Testament, va bienau-delà de ce que nous trouvons dans le «Notre Père». Dans lesépîtres, nous trouvons des adorateurs qui ont accès auprès du Père en touteliberté, et dans la conscience qu’ils sont enfants de Dieu.

Comparons le «NotrePère» avec la prière de l’apôtre Paul en Col. 1, et nous verronsclairement la grande différence: «Rendantgrâces au Père qui nous a rendus capables de participer au lot des saints dansla lumière; qui nous a délivrés du pouvoir des ténèbres, et nous atransportés dans le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons larédemption, la rémission des péchés» (Col. 1:12-14). — Cependant laprière que le Seigneur a enseignée à Ses disciples a aussi pour nous une forcemorale que nous ne devons pas méconnaître. En ce qui concerne notre viepratique comme disciples du royaume de Dieu, nous avons beaucoup à apprendre decette prière. Mais comme prière formelle, nous n’avons évidemment pas àutiliser le «Notre Père». «Là où est l’Esprit du Seigneur, làest la liberté» (2 Cor. 3:17). Nous avons pleine liberté à l’égard deDieu, et c’est la raison pour laquelle une prière préformulée n’a certainementpas sa place. Mais l’Esprit de Dieu qui habite en nous veut aussi nous conduiredans la prière.

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